vendredi 10 mars 2017

J’ai envie de faire pipi...

Le choix des toilettes n’est pas anodin, ni le fruit du hasard. Il ne s’agit pas de lui donner l’impression de fuir, mais de vous soustraire à une situation que vous jugez inadaptée et à laquelle vous ne désirez pas donner sens.

Vous devez donc vous retirer de la relation dans la mesure où l’enfant a adopté un comportement que vous jugez non-conforme, et face auquel vous vous refusez de le faire exister. Ne pas fuir, signifie donc : trouver le moyen de s’éclipser simplement.

Quoi de plus spontané, en pareil cas, que d’éprouver le besoin de se soulager d’une nécessité naturelle ? Vous serez amené à vous rendre dans une pièce de la maison, dans laquelle il ne vient à personne l’idée de s’enfuir, mais surtout qui ferme à clé. Cela coupe court à toute tentative de la part de l’enfant, de vouloir vous « récupérer ». Enfin, les toilettes font partie des endroits de la maison dans lesquels on s’occupe de soi et de soi seul. Dans la mesure où vous ne voulez faire exister ni le comportement ni l’enfant à ce moment précis, c’est certainement l’endroit le plus indiqué de la maison.

Assurez-vous simplement que les toilettes restent libres ! 

à suivre

jeudi 9 mars 2017


Zut ! Il recommence !

Quelques jours d’accalmie ne présument pas pour autant que l’affaire est dans le sac ! Il n’est pas rare de voir certains enfants récidiver et adopter à nouveau leurs comportements inadaptés au moment des devoirs.
Il se tortille comme un ver, ou recommence à montrer une mauvaise volonté. Alerté, vous n’êtes pas dupe, vous vous garderez donc bien de réagir sans quoi vous relancerez une mécanique infernale qui se soldera par un inévitable conflit.
Ayant anticipé la situation, vous trouverez la parade, en vous soustrayant naturellement, pour des besoins pressants, au temps qu’il reste à accomplir auprès de lui, ainsi que nous l’avons vu précédemment. 

jeudi 2 mars 2017


Il semble jouer le jeu...

Dans la très grande majorité des cas, les enfants jouent spontanément le jeu de la confiance et réagissent de manière parfaitement adaptée à l’évolution du cadre. Les lois proposées vont dans le sens de leurs intérêts et participent à leurs bénéfices.
Le parent se rassure, sur la base de ces effets positifs tant ils sont rapides et souvent spectaculaires. Cependant, il sait que les vieux réflexes ont la vie dure. Il ne peut donc s’empêcher de rester très circonspect et guette souvent les premiers signes de la rechute.
Cependant, tous les enfants n’éprouvent pas le besoin de faire machine arrière. Beaucoup se contentent en effet d’adopter assez naturellement des attitudes positives face à l’évolution du cadre proposé par leurs parents. 

jeudi 23 février 2017


Collaborez
avec son enseignant !


Informez votre enfant, si vous le jugez utile, de votre décision d’avertir son maître de ce que vous venez de mettre en place pour qu’il devienne autonome. Ce n’est pas une obligation, ce sera à chacun de faire selon ce qu’il ressent. Il ne s’agit pas de le coincer ni de faire quoi que ce soit dans son dos. Votre démarche vise à des fins positives pour l’enfant. Celui-ci n’a pas à être systématiquement informé de vos faits et gestes, même si cela le concerne. Faites donc selon votre conscience. Il doit, à minima, être simplement informé qu’à compter de ce jour, s’il ne fait pas ses devoirs, il sera sanctionné par son maître.
Expliquez avec précision votre démarche et demandez à l’enseignant de vous assurer son concours, une dizaine de jours seulement. Prévoyez de vous rencontrer au moins une fois entre temps. Il est peu probable que celui-ci refuse s’il comprend bien les fondements de votre posture et votre demande à son égard. Il est, lui aussi, au service de votre enfant et saisira très vite l’intérêt de votre démarche. Dans le cas contraire, n’insistez pas et attendez patiemment une prochaine occasion. Restez toujours confiant.

Expliquez lui clairement ce que vous attendez de lui. A savoir, qu’étant le premier interlocuteur de votre enfant face à ses apprentissages, il vérifie, tous les matins, que les devoirs ont été faits (même si ces derniers sont faux) pendant 10 jours. Si les devoirs ne sont pas faits, demandez-lui alors de sanctionner et donnez-lui carte blanche. Faites-lui confiance. Il est essentiel qu’il y ait un "coup à payer" au travail non fait. Il est donc indispensable que votre enfant se rende compte que lorsqu’il ne fait pas ses devoirs ce n’est plus avec vous qu’il a un problème, mais avec le maître !...

Il se peut toutefois que le maître rechigne à le punir. Rassurez-le que vous êtes partenaires et demandez-le lui comme un service. La punition, car il s’agit bien d’une punition, est un coup à payer qui trouve sa justification et son utilité pédagogique dans la mesure où vous, ou le maître, avez informé l’enfant, en amont, que tout travail non fait sera sanctionné. Dans ce cas, ce n’est plus le maître qui punit, mais c’est bien l’enfant lui même qui le choisit, en toute conscience et cela est son droit le plus élémentaire. 

à suivre...

mercredi 22 février 2017



Le réveil

des “devoirs du soir”


N’oubliez pas qu’il est un enfant ! Ajoutez alors une fantaisie, qui ne manquera pas de vous rendre un très pré- cieux service... Un réveil !

Achetez le réveil des « devoirs du soir ». Dès lors que votre enfant vous formule une demande d’aide, demandez lui de mettre la sonnerie du réveil en fonction, puis mettez- vous au travail. Attendez-vous à ce que tout cela fonctionne parfaitement quelques jours durant. Ce qui est nouveau et porteur de découvertes, est toujours intéressant aux yeux des enfants. Mais ne rêvez pas... cela ne durera pas indéfiniment avant qu’il reprenne ses vieilles habitudes !

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Vous ne manquerez donc pas de voir réapparaître de bons vieux schémas... Ne vous énervez pas, puisque là en- core, vous avez tout prévu ! Lorsqu’il vous coupe la parole, donnez-lui l’habitude de vous interrompre aussitôt, sans réagir puis reprenez votre propos, là où vous vous étiez arrêté, sans autre formalité. S’il insiste ou si son comportement dégénère, ou si vous le jugerez utile, levez-vous et dirigez-vous vers les toilettes. Quoi de plus normal que de devoir se soulager d’un besoin naturel ? Cela ne se commande pas et il risque fort peu d’en être surpris... Enfermez-vous donc dans les toilettes, le temps nécessaire pour entendre la sonnerie du réveil retentir et sortez en tranquillement pour reprendre le cours de vos occupations personnelles, sans plus lui prêter attention. Votre travail est terminé, votre contrat respecté. La dissonance occa- sionnée, ne tardera pas à l’amener à vous rappeler car le travail ne sera pas terminé. Faites-lui simplement remarquer, le plus naturellement du monde, que sa demie-heure est écoulée et que vous avez, vous aussi, du travail.

Coupez court à tout développement et soustrayez vous réellement à l’échange. Quel qu’en soient les conséquences : cris, pleurs, hurlements éventuels seront pour vous le prix à payer à la décision que vous avez prise de ne plus vous tromper. Ne cédez en aucun cas. Restez calme et tenez bon. Sa réaction, quelle qu’elle soit, est justifiée et vous devez accepter que lui aussi témoigne de sa frustration car il constate que tout ne marche plus comme avant. Il va ainsi devoir faire le deuil d’un comportement qui ne fonctionne plus. Faire un deuil est toujours un chagrin, mais il est salutaire afin de pouvoir redémarrer. 

à suivre...

jeudi 16 février 2017


Lorsque trop d’explications nuisent à l’apprentissage...

Alain est un papa comme beaucoup d’autres... Il a attendu avec impatience le jour où il pourrait partager des moments d’échanges disons... plus « cérébraux » avec son fils. Il ne s’est jamais senti très à l’aise avec les tout-petits. Aussi est-il ravi, car Jonathan rentre au CE2 cette année. Il va enfin pouvoir s’investir davantage et s’occuper plus particulièrement de lui à partir de cette rentrée.
Jonathan a toujours « travaillé » avec sa maman. C’est- elle qui l’accompagne depuis toujours pour ses devoirs. Elle a éprouvé un plaisir non dissimulé à son rôle, mais elle est heureuse qu’enfin Alain se positionne plus « activement » dans la vie de son fils. Il est vrai que son métier le prend beaucoup et qu’il n’a pas toujours le temps. Alain est ingénieur...

C’est donc tout naturellement et avec un immense bonheur, que Jonathan, dès la première semaine de la rentrée, s’est tourné vers son papa pour les devoirs du soir. Tous deux se sont attablés et c’est là que tout a commencé...

Alain est un homme méticuleux, il aime le travail bien fait. Soucieux d’exactitude il prend un soin tout particulier à être clair, précis. Il se montre très organisé dans l’aide qu’il apporte à son fils. Ce soir-là, Jonathan le sollicite pour un exercice de mathématiques qu’il ne comprend pas. Alain est ravi, c’est un domaine dans lequel il excelle !

Confiant, Jonathan, ne se doute pas un seul instant de ce qui va lui arriver... Alain, toujours aussi scrupuleux, commence par expliquer à son fils, « que pour comprendre l’exercice, il faut d’abord que celui-ci sache parfaitement ses tables, sans quoi il lui sera impossible de le résoudre ». Il demande donc tout naturellement à Jonathan de lui réciter sa table du 4. Jonathan hésite, il se trompe, hésite encore, et finit par tout mélanger :
  • -  Ca se mélange dans ma tête !
  • -  C’est pas compliqué, tu l’écris comme ça. Tu vois, tu
    fais deux listes parallèles. Le « multiplicateur » d’un
    côté et le résultat de l’autre.
  • -  Mais c’est pas comme ça qu’il fait le maître !...
  • -  C’est pas grave, ça marche aussi. Allez, essaye !
    Jonathan, pas vraiment convaincu, tente de satisfaire
    son père...
  • -  Parallèles j’ai dit ! Tu sais quand même ce que veut dire « parallèle » non ?
  • -  Oui, oui...
  • -  Mais non c’est pas comme ça ! Regarde c’est comme
    ça parallèle, comme les rails d’un train. Tiens essaye encore...
    Jonathan corrige, gomme, rature et pousse un long soupir...
  • -  Attention, n’appuie pas trop tu vas faire un trou. Regarde. Tu tiens ta gomme comme ça. Tu vois ?
  • -  ... ouais...
  • -  On ne dit pas ouais, on dit oui. Oui papa.
  • -  Oui papa.
  • -  Fais les droites tes listes parallèles ! Avec ta règle, on dirait
    des nouilles ! Et les perpendiculaires, tu...
  • -  Papa !...
  • -  Oui, bon... alors tu te dépêches un peu !... et la table du
    5, tu la connais la table du 5 ? Elle est facile celle-là non ?
  • -  Pa' tu m'embrouilles ! je sais plus ce qu’il faut faire...

  • -  Bon, il est où ton exercice ? Ah oui, bon...

    Alain feuillette le cahier de leçons.
    - C’est du CE2 ça?Ca me paraît un peu facile non? C’est des trucs de CP ma parole !...

    Jonathan est piqué au vif :
  • -  ...j’suis pas au CP!
  • -  Attention avec ta gomme ! Je viens juste de te le dire !
    Tu vas faire un trou !
  • -  Tu me montres pour l’exercice papa ?!...

       - Récite-moi d’abord la table du 4.

Jonathan s’exécute, tant bien que mal. Il ne comprend pas pourquoi il est en train de réciter des tables alors que son exercice de maths lui parle des élèves de la classe. Il ne comprend plus rien. Perdu entre des parallèles, des per- pendiculaires et la table du 4, il ne sait même plus de quoi lui parle réellement son exercice ni ce qu’il fait là. Il n’a qu’une envie, retourner dans sa chambre. Il se sent prix au piège.

La séance des devoirs qui n’aurait nécessité que quelques minutes, durera plus d’une heure et Alain finira par rédiger lui-même l’exercice, excédé. Jonathan s’enfuira en pleurant dans sa chambre, bien décidé à ne plus jamais demander à son père de l’aider !...

Le « soin » qu’Alain met à s’assurer que les apprentissages « périphériques » à l’exercice sont acquis, paraît bien légitime et part d’un « bon sentiment » de sa part. Cependant, cela a pour principale conséquence, au bout du compte, de perturber l’apprentissage de Jonathan. Mieux aurait peut-être valu « donner plutôt moins que le nécessaire » à Jonathan, afin que celui-ci éprouve le besoin de revenir, pour plus d’explications. A vouloir en «faire trop », Alain ne s’est pas rendu compte qu’il était en train de se « disqualifier » aux yeux de son fils, sur le terrain des devoirs du soir.
Pas de chance, lui qui croyait tellement pouvoir l’aider !... 

à suivre...

mardi 14 février 2017


30 minutes
pas davantage !



« A partir de ce soir, je ne t’aiderai que si c’est toi qui m’en fais la demande, qu’en penses-tu ? ».


Il est peu probable qu’il refuse une telle proposition de votre part, même s’il n’est pas encore totalement convaincu de votre capacité à respecter votre engagement... Il est pourtant essentiel d’obtenir son accord, sans quoi, remettez votre invitation à plus tard. Il est évident qu’à ce stade, aucun parent ne se sentira vraiment rassuré. Vous savez déjà que cela risque de tenir quelques jours au plus, avant de voir revenir sur le devant de la scène, les comportements habituels qui généraient tant de conflits...

Comment réagir alors, au moment de la récidive ? Si vous vous engagez sur une période trop longue pour l’aider dans ses devoirs, pensez que vous devrez « tenir » jusqu’au bout, sans vous énerver, ni réagir d’aucune manière !... Mieux vaut faire court...

Une trentaine de minutes paraît amplement suffisant. Une demi heure par jour pas plus !

Les raisons en sont multiples :

La toute première, est que votre aide n’est pas une assistance, au plus un dépannage, pas davantage. Vous n’êtes pas son enseignant.

La seconde, est que vous vous adresserez à son intelligence et non à sa capacité de d’accepter ce que vous lui expliquerez. En effet, votre enfant est intelligent et parfaitement capable d’inférer seul la totalité d’une notion, sur la base de quelques informations de votre part. Ne lui mâchez donc pas le travail. Ce n’est pas à vous que l’enseignant a donné un travail à faire, mais bien à lui. Lorsqu’il vous pose une question n’en faites surtout pas des « tonnes ». Donnez lui plutôt moins d’informations que le contraire. D’une part il peut très bien s’en contenter et terminer seul le travail. D’autre part si, sous prétexte de vous assurer qu’il comprendra « tout bien comme il faut », vous en faites trop, vous le dissuaderez de revenir vers vous, très vite. N’oubliez pas que vous devez rester à ses yeux une personne motivante et que, vous demander de l’aide, ne comporte aucun risque ! Veillez à ce qu’il préfère revenir vers vous si besoin. Vous devez lui apparaître tel un réservoir, une ressource, vers laquelle à tout moment il peut venir puiser pour étancher sa soif de connaissances ou chercher de l’aide « sans s’étouffer », en toute sécurité.

Une des raisons suivantes est qu’une trop longue disponibilité de votre part pour l’aider dans ses devoirs, ne lui permettra pas de faire peu à peu le tri pour ce dont il a véritablement besoin de votre concours ou non. Trop de temps, l’amènera à vous solliciter sur tout et n’importe quoi quand bien même cela ne lui serait pas utile. N’oubliez pas qu’il doit devenir autonome ! C’est à dire être capable notamment de discerner parmi ses besoins, ceux qui nécessitent une aide extérieure, de ceux qu’il peut satisfaire seul. Ainsi, si d’aventure le temps que vous lui avez imparti ne suffisait pas, il sera rapidement contraint de trier en amont, le travail à faire en votre compagnie, du reste.
Rappelez vous que vous attendez de sa part, des atti- tudes propices à des apprentissages de qualité et non des connaissances.


Enfin, la dernière raison est que si cela se passe mal... mieux vaut que ce ne soit pas trop long pour tout le monde ! 

à suivre...