jeudi 19 janvier 2017

LA GUIDANCE PARENTALE: Le conflit :« Guillaume ! Tu n’as pasdes devoirs ...

LA GUIDANCE PARENTALE: Le conflit :
« Guillaume ! Tu n’as pasdes devoirs ...
: Le conflit : « Guillaume ! Tu n’as pas des devoirs ce soir » ? (suite de la 9èmè partie) Guillaume a 14 ans, il est en 4 èm...

Le conflit :
« Guillaume ! Tu n’as pas des devoirs ce soir » ?



(suite de la 9èmè partie)

Guillaume a 14 ans, il est en 4ème. Tous les soirs sa mère l’attend de pied ferme à la maison. Il n’a pas posé son cartable qu’elle a déjà sorti le cahier de textes et qu’elle vérifie ce qu’il a « à faire ». Ce soir là, Guillaume est content car en ce moment il a peu de devoirs, c’est une semaine « light », il va pouvoir souffler un peu... Mais Marie, sa mère, ne l’entend pas de cette oreille :

        - Comme ça tu vas pouvoir te mettre en avance...

        - Mais man’, je te dis que j’ai presque rien cette semaine !
            -  Justement Guillaume !
        -  Mais... faut que j’appelle Richard !...
  • -  Guillaume ! tu viens ici tout de suite ! Tu appelleras
    Richard après! Tu fais tes devoirs d’abord, compris ?...
  • -  ... mais m’an...
  • -  Pas de mais ! tu te mets tout de suite au travail sinon
    je le dis à ton père quand il rentre...
  • -  Mais j’ai rien !...
  • -  Guillaume, je te préviens, si tu ne viens pas ici tout de
    suite, je te prive de sortie cette semaine !

    Guillaume est encore dans cette phase de l’adolescence où il n’ose pas encore affronter réellement sa mère. Il tente bien de se soustraire au pouvoir qu’elle exerce sur lui, mais le double verrou, que représentent son père et la punition, dont Marie se sert dès qu’elle sent qu’elle perd pied, le dissuade de pousser plus loin ses contestations. Aussi, il se soumet, au grand soulagement de sa mère.
    Marie, qui constate que le cahier de texte est étrangement « léger » cette semaine, se demande si Guillaume n’a pas choisi de ne pas noter les devoirs à faire, afin de lui faire croire qu’il n’en n’a pas...
  • -  Tu es sûr que tu as tout noté ? Tu n’as rien oublié ?...
  • -  Non, y’a plein de profs malades en ce moment.
  • -  Guillaume, regarde moi, et réponds moi, tu sais c’est
    facile à vérifier !...
  • -  J’te jure maman ! T’as qu’à téléphoner au CPE tu verras !
  • -  Bon, je te crois. On va faire des exercices alors.
  • -  ... des exercices ? Et tu veux que je fasse des exos de
    quoi ?... puisque j’ai pas de travail !
  • -  Je te rappelle que tu as le Brevet l’année prochaine
    Guillaume...
  • -  Mais maman ! c’est l’année prochaine !...
  • -  Justement, justement, il faut en profiter pendant que
    tu as du temps...
  • -  ... mais m’an...
  • -  Allez, juste une dictée et un exercice de grammaire,
    après je te laisse tranquille... on n’en aura pas pour
    très longtemps...

    Guillaume, qui sait qu’il ne peut pas lutter, tente une dernière sortie :
  • -  tu sais, c’est plutôt les maths que j’ai pas compris...
  • -  ça tu demanderas à ton père...
  • -  je peux goûter d’abord ?
  • -  On va manger dans une heure mon chéri, c’est trop
    tard maintenant, tu n’avais qu’à pas traîner autant...
    Vaincu, Guillaume s’assoit à côté de sa mère qui lui tend déjà son stylo. Marie démarre la dictée.

        - Pas si vite !

        Elle répète.
        - Attend !...
        Répète encore.
        - C’est mon stylo, y marche pas...

        - Tiens, prends celui-là !

        Elle reprend. Guillaume s’exécute.
  • -  Guillaume ! Les pluriels !...
  • -  Quoi ?...
  • -  Les pluriels Guillaume, je te le répète depuis la maternelle ! tu as encore oublié d’accorder...
  • -  Ouais...
  • -  "Oui", pas ouais !
  • -  Oui, maman...
  • -  Allez mon chéri, on s’y met sérieusement maintenant...
    Une heure passe, un exercice suit. Enfin, tous deux épuisés, tendus comme des arcs, s’arrêtent. Guillaume est en train de ranger ses affaires de classe lorsque la porte s’ouvre sur son père qui demande aussitôt :

        - Bonjour mon fils ! alors, ils sont finis ces devoirs ?...

        Et Marie de répondre de la cuisine :
        - Il lui reste un exercice de maths à faire ! Un truc qu’il n’a
        pas compris... Tu t’en occupes et on mange...

        Guillaume, trahi, s’effondre.
  • -  Mais maman... je t’ai dit que j’ai pas maths cette semaine ! Le prof il est malade pendant dix jours !
  • -  Guillaume, je ne l’invente pas, c’est toi-même qui ne l’as dit tout à l’heure... Montre ta leçon à papa, il pourra te l’expliquer, moi les maths c’est pas mon truc tu sais bien...
    André a déjà repris la place de Marie à la table du salon et Guillaume, accablé, le rejoint.
  • -  Fais voir...
  • -  Non ! mais c’est juste un petit truc !
  • -  Un petit truc, un petit truc... fais voir, moi je vais te
    dire si c’est un petit truc !
  • -  C’est juste une définition que j’ai pas bien compris...
    André se saisit du cahier, qu’à regret, Guillaume lui tend :
        - Ah ! La propriété des milieux d’un triangle ! C’est
        extrêmement important ça !...
Il se lance alors dans une explication sans fin, appuyant son propos de schémas, de figures et de calculs in- terminables. Guillaume ne comprend plus rien maintenant. Il ne sait même plus de quoi son père lui parle... André cause sans cesse, il dessine, commente, sans même regar- der son fils. Au bout d’un long moment, il redresse la tête et lui dit :
  • -  Tu vois c’est pas si compliqué ! T’as compris ?
  • -  Oui, oui...
  • -  Parfait ! On va faire un exercice alors...
  • -  Non, non ! C’est bon j’ai compris ! En plus on l’a pas
    encore fait en classe ! Faut juste savoir la définition
    par cœur...
    André ne l’écoute pas. Il lui tend la feuille de brouillon sur laquelle il a tracé une figure et quelques mesures :
        - Tiens fais celui-là.
Piégé, Guillaume tente de résoudre le problème sous l’œil attentif de son père qui bout déjà d’impatience de voir ce qu’il va faire. Très vite, il constate que Guillaume ne s’en sort pas.
  • -  Mais qu’est-ce que tu fais bon sang !... C’est pas ça que je t’ai expliqué !...
  • -  Ben, si...
  • -  Mais non ! Mais c’est n’importe quoi !... Ma parole
    mais tu m’as écouté ou pas ?...
    Guillaume rentre la tête dans les épaules et se ré- tracte :
  • -  Je sais plus... j’comprends plus rien !...
  • -  Si tu écoutais aussi, quand on t’explique !... Marie, toujours dans sa cuisine s’écrie alors :
        - C’est exactement ce que je lui répète tout le temps ! 
        Il n’écoute pas !...
Guillaume se met à pleurer. André s’énerve, ferme le livre de maths et se lève brutalement.
        - Oh ! et puis zut ! J’en ai assez de ma journée aujourd’hui !
        T’as qu’à te débrouiller avec ton prof !...

        -...

Et Marie de conclure :
  • -  Il faut vous arrêter maintenant, vous verrez ça
    tranquillement ce week-end...
  • -  On mange !...

    Sans commentaires...

    à suivre...

mercredi 18 janvier 2017


Le « rêve du parent » face au désir de l’enfant


(suite de la 8ème partie)

Nous l’avons vu plus haut, le temps des « devoirs du soir » constitue un lien très fort qui unit dans une continuité pédagogique directe, l’enseignant et son élève, mais également l’enseignant au parent, et ce dernier à son enfant, tout comme à son propre passé.
La dimension relationnelle qu’il revêt, lui confère donc une puissance émotionnelle de premier ordre. Le devoir du soir va être porteur d’une très lourde charge, qui va directement peser sur l’enfant, dont on attend par ailleurs qu’il apprenne paisiblement...

Le parent, est donc « invité » à revivre son passé et à revisiter sa propre relation à l’école. Cette reviviscence est inévitablement empreinte de ses souvenirs et des émotions qui s’y trouvent attachées. C’est par le biais de la valeur de ces dernières qu’il va inconsciemment se comporter face à son enfant. La relation parent/enfant se trouve par conséquent directement impactée par une projection inconsciente de craintes, peurs, angoisses ou inversement, par la joie retrouvée d’un réel plaisir éprouvé par l’adulte, en un temps où il avait l’âge de son propre enfant.

Rêve ou cauchemar, quoiqu’il ait vécu, le parent projette un espoir de réparation de sa propre histoire à tra- vers l’enfant ou l’invite à s’installer dans une heureuse continuité baignée d’une émotion positive, enfin retrouvée. Quel que soit le cas, l’enfant se retrouve dans une position d’enjeu et va devoir inconsciemment valider ou infirmer les espoirs ou les craintes de son parent. La pression ressentie, ne constitue pas à proprement parler, un environnement propice à l’apprentissage... On ne s’étonnera donc pas de voir naître des conflits prévisibles, tant ils sont inévitables.
Le « rêve du parent », quel qu’en soit sa valeur, est donc un frein majeur, qui entrave fortement la capacité de l’enfant à se sentir disponible à l’acquisition.

à suivre...

mardi 17 janvier 2017

LA GUIDANCE PARENTALE: LA GUIDANCE PARENTALE: Alors, à quoi servent doncl...

LA GUIDANCE PARENTALE: LA GUIDANCE PARENTALE: Alors, à quoi servent doncl...: LA GUIDANCE PARENTALE: Alors, à quoi servent donc les « devoirs du soir »... : A l ors,  à quoi servent donc les « devoirs du soir » ...

CE2 : la période propice

(suite de la 7ème partie)

Si l’apprentissage de l’autonomie se met en place au cours du cycle des apprentissages premiers en maternelle, on attend de l’enfant en fin de CP, qu’il l’ait acquise sur le plan du langage, d’une partie de ses émotions et de leur reconnaissance, sur le plan physique et corporel ainsi que sur des activités telles que le rangement par exemple. Cette autonomie se construit donc dans la durée. Elle est le signe pour l’enfant qu’il a le droit d’être différent et d’occuper sa place au sein d’un groupe.
L’école attend de lui qu’il se montre capable de l’exercer au cours du second cycle des apprentissages dans le domaine cognitif. Il doit prendre conscience de l’importance d’apprendre et du rôle qu’il peut jouer dans ses propres acquisitions.

La classe du CE2, présente à ce titre, un intérêt tout particulier, dans la mesure où elle ne tend pas vers l’acquisition de concepts fondamentaux, mais plutôt vers un ancrage, par une répétition et l’approfondissement des notions abordées au cours des classes antérieures. Cette année constitue donc un terrain favorable à l’exercice de l’autonomie dans ses apprentissages, sans que l’enfant ne risque de se mettre en danger dans ceux-ci, puisque la plupart, ont été abordés auparavant. Il est rare de voir un enfant redoubler son CE2. On n’envisagera cette option que s’il présente un retard de maturité significatif. On ne refait pas cette année pour des raisons qui invoqueraient simplement un niveau d’acquisition insuffisant. Cela reviendrait alors à refaire par trois fois la classe CE1 !

Enfin, au regard de son développement, il est à l’âge où il peut pleinement expérimenter cette autonomie sur ses apprentissages de manière naturelle puisqu’il se trouve en capacité réelle de pouvoir le faire. Tout concourt donc à un environnement opportun.
Retenons donc que c’est au cours du second cycle, de manière générale, qu’il conviendra au parent de se montrer attentif et vigilant, afin de repérer des comportements indicateurs de l’opportunité de positionner un environnement adéquat et susceptible de permettre à l’enfant, d’investir le mieux possible cette bien précieuse compétence qu’est l’autonomie. Celui-ci réclame de pouvoir « faire seul » et vit mal l’intrusion de son parent dans son « business scolaire ». S’il sollicite la confiance, il faudra savoir l’entendre et la lui donner. Nous verrons plus loin en quoi consiste «donner sa confiance», sans pour autant tomber dans le laisser faire ou lui donner le sentiment qu’on se désintéresse de lui ou de sa scolarité.

Il n’est bien entendu jamais trop tard pour bien faire... Aussi, même si le cap du CE2 est déjà passé, ne vous in- quiétez pas il est toujours temps de réagir. Si vous n’avez affaire qu’à un seul interlocuteur en primaire, le principal inconvénient, si vous tardez trop, est qu’au collège, ils seront 10 ! N’imaginez pas vous lancer dans une entreprise de ralliement, elle serait illusoire. Rapprochez-vous dans un premier temps, du professeur principal, et faites-lui part de votre projet. Il est peu probable qu’il ne vous entende pas. Par ailleurs, il connaît les professeurs de votre enfant et saura vous conseiller utilement qui rencontrer, si ce n’est lui même, pour vous aider. Un seul suffit.

Cependant, prenez conscience que si votre enfant n’est toujours pas autonome dans son travail alors qu’il est au collège, il n’en est pas coupable. C’est probablement une source de souffrance pour lui. En revanche interrogez-vous sur vos comportements vis à vis de lui, en ce qui concerne l’école et ses apprentissages... Vous identifierez certainement chez vous, des inquiétudes, des peurs ou des an- goisses, qui ne sont pas les siennes, mais qu’il mettra sans nul doute très vite en scène... N’hésitez pas, le cas échéant, à vous faire aider.


L’enfant, de son côté, doit procéder à l’acquisition de son autonomie à un moment où il est déjà sensé la mettre en œuvre... Il lui faut donc coûte que coûte y parvenir, tout en intégrant simultanément les nouvelles notions qui lui sont apportées par les contenus des programmes scolaires. Cela ne sera certainement pas facile pour lui... 

à suivre...

dimanche 15 janvier 2017

LA GUIDANCE PARENTALE: Alors, à quoi servent doncles « devoirs du soir »...

LA GUIDANCE PARENTALE: Alors, à quoi servent donc
les « devoirs du soir »...
: A l ors,  à quoi servent donc les « devoirs du soir » ? (suite de la sixième partie) Pour faire émerger leurs vertus, il e...
Alors, à quoi servent donc

les « devoirs du soir » ?


(suite de la sixième partie)

Pour faire émerger leurs vertus, il est nécessaire de revenir un instant aux fondamentaux. A savoir, le premier de tous : l’environnement. C’est lui, qui va en premier lieu conditionner la qualité du comportement attendu par le parent. N’oublions pas que c’est par l’interaction que peut avoir un individu avec un environnement donné, que résulte son comportement. Le parent est donc invité à réfléchir sur la pertinence de la situation qu’il doit proposer à l’enfant, afin que celui-ci opte pour un comportement attendu et adapté aux yeux de son interlocuteur. Cohérence et congruence, sont les maîtres-mots du parent qui éduque.

En second lieu, il convient de ne pas se laisser submerger par des émotions, qui vont nuire à une telle entreprise car c’est à elles, en pareil cas, que l’enfant « répondra » et non à ses besoins propres. Le parent, doit donc être détendu et confiant, presque détaché et cela doit, non seulement se voir, mais se sentir aussi.
Enfin, l’environnement proposé ne doit pas inviter l’enfant à se détourner de son objectif ou de son devoir, jusqu’à l’accomplissement de celui-ci. Nous pourrons parler d’une véritable méthodologie qui va devoir reposer sur des décisions et des postures adaptées, ainsi que des stratégies efficientes. Nous verrons plus loin comment mettre en place une telle situation, par une proposition pratique, efficace et respectueuse.

Ce que visent les « devoirs du soir », ce n’est pas l’apprentissage lui-même mais bien plus les attitudes propices à un apprentissage de qualité... La première erreur est donc de s’imaginer qu’ils participent à un quelconque "ancrage" de je ne sais quoi...
Le parent n’est pas le spécialiste de l’instruction ni des apprentissages dit « scolaires ». Cela relève du travail de l’enseignant et chacun se doit de rester à sa place dans le processus. Le propos du parent est l’éducation. Education et instruction sont toutes deux la résultante d’une pédagogie adaptée et bien spécifique.

Que peut donc, dans ces conditions, apporter un parent à son enfant, au moment des « devoirs du soir » ?
Il doit y avoir adéquation entre les vertus de ce moment si particulier et le projet du parent afin que l’enfant investisse naturellement les comportements attendus... Cela dessine les contours de la proposition pédagogique qui lui est faite :


Autonomie.

Notion de responsabilité.
Goût de l’effort.
Goût de l’accomplissement. 
Dépassement de soi.
Amour du travail bien fait.


Voilà le véritable enjeu des « devoirs du soir » !

Autrement dit, autant d’attitudes compatibles avec des apprentissages de qualité. Encore faut-il que le parent le premier, se positionne et s’éclaircisse avec ces notions... dans sa propre dynamique de vie, avant de les exiger de la part de l’enfant...

à suivre...