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Devoirs du soir, le calvaire !!!

Pourquoi les devoirs du soir ne « marchent-ils » pas ?

Devenus un véritable cauchemar, les devoirs-du-soir apparaissent aujourd’hui comme la pire des corvées à laquelle les parents se trouvent confrontés à l’heure où ils sont sensés récupérer dans la joie, des enfants heureux de les retrouver ! Tout pourrait pourtant si bien se passer…
Pour certains, ce pourrait être l’occasion de se rassurer de voir ses enfants réussir là-même où eux ont échoué ou éprouvé tant de mal et pour d’autres, le plaisir de se replonger dans des souvenirs plus agréables de leur propre histoire et le moment de partager avec eux des instants si riches !
Durant tout le primaire, il n’est un seul enfant qui n’éprouve pas le désir de retrouver son parent en rentrant à la maison, à moins que…
Mais pourquoi donc ce moment si particulier est-il devenu si terrible à chacun ? Pourquoi ce trait d’union entre l’école et la maison que constituent les devoirs du soir, ce lien entre l’histoire d’un parent et celle de son enfant, ce moment privilégié, n’est-il devenu que souffrance, refus de savoir et conflit systématique pour la plupart d’entre nous ?
Parent et enfants s’affrontent violemment chaque soir sur un thème pourtant porteur de tant de lien. C’est comme si les devoirs symbolisaient à eux seuls la cassure que l’on connait aujourd’hui, entre l’école et la famille. Deux mondes qui s’opposent tant ils ne se comprennent plus. D’un côté des parents démunis et chez qui la colère monte, de l’autre une école qui semble se draper dans les lambeaux froissés d’une excellence d’autrefois. Entre les deux, nos enfants…
Mais que se passe-t-il donc pour que ces « retrouvailles » que devraient être le temps de devoirs du soir soient devenues un tel tourment ? Plusieurs causes semblent présider à la source des angoisses que suscite cet instant si particulier :
La pression entretenue par bon nombre des enseignants du primaire témoigne, le plus souvent, de leurs inquiétudes les plus variées : peur de ne pas terminer son programme, peur de l’échec des élèves, d’être jugés, de ne pas être à la hauteur, manque de confiance en soi ou se donner bonne conscience… certains confient même utiliser les devoirs du soir à des fins moins avouables, comme un moyen de confier le soin de traiter les parties du programme les moins intéressantes à leurs yeux… aux parents ! Bref, les devoirs sont devenus un adjuvent indispensable à la démarche pédagogique de la plupart d’entre-eux. S’il n’est pas rare de constater que ces mêmes devoirs ne sont pas toujours corrigés ni même vérifiés dès le retour en classe, il est en revanche exceptionnel qu’ils constituent un quelconque intérêt aux yeux de la plupart des enseignants. Mais, ne pas donner de devoirs pour le lendemain ne paraît pas si normal pour de très nombreux parents, difficile dans ces conditions de trouver la juste mesure…
Le parent de son côté, semble plus facilement se convaincre de la capacité de son enfant à échouer qu’à réussir ! Il investit donc les devoirs du soir comme un moyen de se rassurer que son enfant mène des apprentissages de qualité. Ce baromètre lui permet donc subjectivement de juger la pertinence de l’enseignement dispensé par l’enseignant, et du niveau d’acquisition de son enfant. Il ramène bien entendu pour cela, ses observations à sa propre histoire d’une part, mais aussi à des souvenirs de programmes scolaires qui étaient les siens vieux de trente ans !… Enfin, la pression sociale qui s’exerce sur lui quant-à l’avenir de son enfant l’amène à considérer le plus souvent la réussite scolaire comme un devoir, nourrissant chez lui du même coup, une peur panique de l’échec. Sa capacité de discernement comme la confiance en lui ou en son enfant s’en trouvent par conséquent passablement altérées.
L’enfant, enfin, occupe la place la moins enviable de toutes. Véritable enjeu des pressions et des peurs dont il est l’objet, il tente de se débrouiller comme il peut. L’état psychologique qui en résulte fait difficilement bon ménage avec la nécessaire tranquillité d’esprit indispensable à tout apprentissage. Telle une cocote minute, il absorbe tant qu’il peut les angoisses de chacun libère la pression à chaque occasion qui lui est donnée. La soupape saute en général le soir en rentrant de l’école au moment des devoirs !
Curieux non ?…

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