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Motiver d’abord

La motivation, un puissant moteur de l’apprentissage

Motiver, c’est d’abord faire entrevoir le possible. Mais c’est également proposer des outils qui permettent de réussir, rapidement. En effet, on ne peut imaginer que l’enfant puisse se motiver uniquement, par le simple fait que sa réussite est réalisable, sans lui proposer les moyens d’y parvenir… Aussi, faut-il que les solutions proposées soient d’un emploi simple et efficace. Donc de nature à produire des résultats rapides sans quoi il est illusoire de s’imaginer qu’il se motive.

Le bénéfice envisagé doit donc lui apparaître clairement et se doit d’être évaluable de manière concrète et précise. L’élève se motive d’autant plus et d’autant mieux qu’il est en mesure de faire la preuve, par lui-même, que sa démarche est productive ou payante. Dans ces conditions, le processus motivationnel a toutes les chances de perdurer et de se renforcer.

La confiance que l’enfant doit nécessairement placer en son interlocuteur est donc primordiale. En l’occurrence, l’enseignant doit apparaître digne de cette confiance et être en mesure d’apporter, non seulement une maîtrise, mais aussi des outils et une aide suffisante à l’élève afin que ce dernier se place en position de « disciple ».

Le professeur se présente donc face à ses élèves en qualité de réservoir d’une part et d’outil d’autre part. Sa connaissance de la matière qu’il enseigne est certes indispensable mais beaucoup moins déterminante que les moyens ou les outils dont il dotera ses élèves pour d’accéder aux indispensables acquisitions qu’il leur propose. Il s’avère malheureusement que les enseignants de nos écoles sont de bien meilleurs spécialistes que de bons didacticiens…

Ils font preuve d’une connaissance verticale souvent impressionnante. Toutefois, cela a pour principal effet de les positionner comme des interlocuteurs puissants aux yeux de leurs élèves, et tellement inaccessibles, qu’ils ne pourront jamais imaginer rivaliser avec ses deniers. Ces élèves partent donc vaincus, en état de soumission. Par ailleurs, les piètres compétences de leurs enseignants à rendre plus accessible le contenu de leur matière finit de décourager la plupart d’entre-eux. On imagine dès lors très bien, l’état de motivation que peut être celui d’un enfant qui démarre son année scolaire dans de telles conditions…

La motivation est donc bien le principal problème… de l’enseignant ! Ce dernier se retranche fréquemment derrière des considérations partisanes, institutionnelles ou corporatistes qui certes, sont peut-être réelles, mais dont nos élèves n’ont que faire…

Aujourd’hui, les conditions d’exercice de la profession d’enseignant n’ont que peu de chose à voir avec la pédagogie. Quant-au manque de formation, s’il est indéniable, on peut accepter d’entendre que celle-ci soit insuffisante, voire inadaptée pour un enseignant qui démarre, mais que penser de celui qui s’en plaint encore après 20 ans de carrière ??? Il faut en finir avec ses lancinantes lamentations qui se font principalement au détriment des élèves, même si celles-ci sont au demeurant parfaitement justifiées sur le fond. On perçoit en effet difficilement le rapport qu’il peut exister entre des difficultés structurelles, auxquelles l’enseignant se heurte dans l’exercice de sa profession et sa propre qualité pédagogique ou sa capacité à motiver ses élèves après tant d’années d’exercice…

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